Savais-tu que la teinturerie est encore pratiquée au Bénin ? Si non, c'est le moment pour toi de découvrir dans cet article l’une des rares personnes qui pratique encore ce métier menacé de disparition.
Maitre Tairou OSSENI est un teinturier résidant dans le quartier Maro de la commune de Nikki. Nikki étant un milieu caractérisé par la teinture. Né d’une lignée de teinturiers le 1ᵉʳ janvier 1940, il s’initie naturellement aux techniques de teinturerie. Il est quasiment le seul dans cette commune du Bénin à exercer au bord d’une rivière sacrée appelée Sora ce métier ancestral.
Maitre Tairou OSSENI suit trois grandes étapes pour la réalisation de de sa teinture.
D’abord, il évacue le "Saata’’, qui est une substance boueuse dans les cuves de teinture qu’il pétrit avec les pieds. Il forme des boules avec la patte pétrie qu’il rassemble sur un tas de troncs d’arbres frais. Ces boules, après leur séchage, sont calcinées et la cendre qui y ressort est récupérée.
Ensuite, le teinturier va à la recherche des feuilles de l’indigo qu'il plante lui-même. Ces feuilles sont pillées et séchées. Elles sont ensuite fermentées pendant quelques jours et pilées dans les cuves de teinture où il ajoute de l’eau après la fermentation.
Enfin, il trempe progressivement le tissu dans le bain de teinture. Il le plonge plusieurs fois afin d’avoir la couleur escomptée. En trempant le tissu, il le presse pour le débarrasser de la teinture. Il sèche ensuite les tissus et les repasse avec deux pilons.
De plus en plus, les jeunes expriment un désintérêt vis-à-vis de ce métier. Il est donc menacé de disparition étant donné que le savoir-faire n’est pas transmis. Par ailleurs, le marché béninois est envahi par des fils pré-teints importés qui intéressent plus les béninois au détriment de ceux teints de manière ancestrale.