Les restitutions se poursuivent dans les pays africains : le retour du Djidji Ayôkwé en Côte d’Ivoire
Les restitutions se poursuivent dans les pays africains : le retour du Djidji Ayôkwé en Côte d’Ivoire
Après la restitution des objets culturels spoliés lors de la conquête coloniale au Sénégal et au Bénin par la France, c’est le tour de la Côte d’Ivoire de retrouver l’un de ces précieux objets culturels spoliés il y a de cela cent dix ans au village d’Adjamé, devenu aujourd’hui Abidjan, la capitale économique ivoirienne : le « tambour parleur » Djidji Ayôkwé.
Suite à la cérémonie de restitution qui s’est tenue ce vendredi 20 février 2026 au théâtre Claude Lévi-Strauss du Musée du quai Branly – Jacques Chirac à Paris, les autorités françaises l’ont officiellement remis aux Ivoiriens.
Cette action s’inscrit dans la démarche de la volonté du président Emmanuel Macron, qui a décidé de restituer aux pays africains leurs biens culturels spoliés lors de la conquête coloniale.
Djidji Ayôkwé est un objet très représentatif du patrimoine spirituel, social et politique de la communauté des Atchans (aussi appelés Ebriés).
Cette communauté utilisait cet objet sculpté en bois d’iroko, long de 3,5 mètres, richement décoré et pesant 430 kilos, comme un instrument de résistance.
Considéré comme un instrument de musique, il était bien plus que cela pour cette communauté. Ils l’utilisaient pour transmettre des messages rituels et alerter les villageois, par exemple lors des opérations de recrutement forcé ou d’enrôlement militaire.
Une cérémonie nationale sera organisée à Abidjan pour célébrer son retour.
Désormais dépourvu de sa valeur spirituelle et d’usage, il sera ensuite exposé « à une place de choix au cœur du musée national », a précisé son directeur, Gnoleba Francis Tagro.